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MPADI BENIT PATRICE EMERY LUMUMBA : QUAND L'INGRATITUDE PAYE

26 Mars 2011 , Rédigé par Lucas Publié dans #RELIGION ANCESTRALE

Il y avait arrêt de travail au sein de la brasserie Polar de Kisangani. les travailleurs avaient organisé une grève par laquelle ils réclamaient une augmentation de salaire. A cette époque-là, où la colonisation gérait le Congo et réprimait de la manière la plus brutale tout mouvement taxé de porter atteinte à son pouvoir, il en fallait bien une chasse à l'homme pour déterminer les auteurs de cette grève. En fait les travailleurs exigeaient qu'il soit ajouté ne fût-ce qu'un franc à leur salaire.

Et Lumumbu fut accusé de promoteur de ce soulèvement, car, avec ses convictions d'humanisme qui le caractérisaient, il ne pouvait pas supporter le sous-paiement dont étaient l'objet les travailleurs de la société Polar.

Avec la création de son Mouvement National de Congolais en 1958, Lumumba se donne les prérogatives de participer à des conférences entre anti-coloniastes organisées à l'étranger et de retour au pays, revêt la soutane de l'évangéliste qui harangue de nombreuses foules en leur parlant de la parole divine, avec tous ses bienfaits, cachée dans le seul mot "indépendance".

Il fut purement et simplement arrêté et dirigé sur la prison d'Elysabethville.  

En ce moment donné, il se trouvait au sein de cette maison carcérale, l'un des plus grands hommes de l'histoire congolaise et pourquoi pas africaine qui y était conduit par  l'injustice, la barbarie et la haine coloniales du colonisateur belge.

Il s'agit du Patriarche Mpadi Simon Pierre Kembu-dia-Nzenza-va-Kintete Beredenengu Mumvuma T.TA.T., arrêté avec tous ses fidèles en relagation en pleine forêt équatoriale pour avoir marché sur le pas de Kimbangu, c'est-à-dire, sur la voie de la réhabilitation de l'église de nos ancêtres. Ne dit-on pas qu'un peuple sans culture est un peuple mort et qu'il n' y a d'indépendance politique sans qu'il n' y ait d'indépendance spirituelle ?

 

Quand les deux prisonners , Mpadi et Lumumba finirent par se connaître et eurent à se parler sur le sort du congoalis, en particulier, et de l'africain, en général, ils s'accordèrent que tous deux avaient les mêmes convictions, les mêmes objecifs relatifs à la liberté politique, spirituelle, économique, don à l'accès  à l'indépendance de l'homme noir.

On se trouvait donc devant deux hommes différents : un politicien, en la personne de Lumumba, et un homme de Dieu, un Patriarche, en la personne de Mpadi.

Politique et religion devaient donc faire route ensemble, comme dans l'ancien temps où les rois se conformaient aux dires et aux prophéties des hommes de Dieu.

 

Le Patriarche Mpadi assura Lumumba de sa libération immédiate pour aller participer à la Table Ronde sur le Congo qui se déroulait en Belgique. Mpadi instruit Lumumba de ne prendre que sa malette vide et que tout le reste, il le trouvera dans sa chambre d'hôtel, à Bruxelles. Il lui dit que c'était le bon moment que notre Dieu avait choisi pour libérer son peuple et Dieu utilisera sa bouche pour parler lui-même aux conférenciers, tant belges que congolais.

"Va,lui dit Mpadi, n'aie pas peur, tout se passera bien, tu verras et sache que mon Dieu est avec toi. Moi, je reste en prison mais je sais que d'ici-là, je vais en sortir. Alors, dès ton retour au pays, la première des choses que tu auras à faire,c'est de me localiser et me rencontrer pour te fixer sur le programme à suivre quant à la bonne conduite du pays."

 

Lumumba s'envola pour Bruxelles. Y prononça un discours fracassant qui sema la surprise totale dans l'auditoire. Le succès était là, palpable. Ce discours ne prônait rien d'autre que l'acquisition de l'indépendance de l'homme noir qui apparaît comme la ligne de séparation d'avec ce régime colonial imbu d'injustice, d'exploitation esclavagiste, de discrimination, bref de manque d'humanisme. C'est comme le passage de la mer rouge qui mit fin à l'esclavagisme au pays d'Egypte sous le joug duquel croupissait le peuple d'Israël. Ainsi, devait s'ouvrir une vie de paix, de liberté, vécue dans toute justice.

 

Lumumba, aigri par le succès recolté à la Table Ronde, ne tint plus compte de  tout ce qui s'était dit entre lui et l'homme de Dieu, le Patriarche Mpadi Buka Makengo Nsuka. Quand l'on ne respecte pas les engagements pris avec un homme de Dieu, eh bien, l'on se condamne sans le savoir, à marcher sur un chemin brouillé, indécis, malaisé. Dieu tourne le dos à ce genre de personnes, et l'on recolte ce qu'on aura semé.

 

Aux élections législatives qui se dérouleront au mois de juin 1960, le Président élu avait peu de chances pour arriver à occuper le fauteuil suprême du fait que son parti, l'Abako, ne pouvait pas faire tête au MNC-L. Mon père me raconte que ce jour-là, tous les ressortissants de la province du Bas-Congo étaient comme en deuil, ne sachant le sort que leur réservait le déroulement des élections. Si l'on ne fait pas attention, c'était la perte du pouvoir, et celui-ci sera remporté par les bangala (les habitants de la province orientale), donc Lumumba et consorts.

Le nom du Patriarche Mpadi fut évoqué dans l'arène présidentielle. C'est lui, le seul, qui peut, en sa qualité d'homme de Dieu, faire renverser la vapeur. Une voiture fut dépéchée pour aller chercher le Patriarche au quartier Pinzi de la commune de Yolo, où il rrésidait après sa sortie de la prison d'Elysabethville.

Dans la chambre de sa maison de Kasa-Vubu où il accueillit le Patriarche, le président lui expliqua la situation désespérée qui se dressait devant lui, lui, l'incarnation de tout le peuple Kongo, rassemblé au sein de la structure Abako.

Le Patriarche s'adressa à Kasa-Vubu en ces mots : "Nani uku zayisi vo ngeye n'konga wena ?, comme pour dire : "Qui vous a dit que vous ête nu ?" Et il lui promit que tout ira pour le mieux. Tous les Membres de l'Eglise des Noirs en Afrique furent invités à accomplir une prière pour la circonstance.

Et ce 24 juin-là, aux heures de midi, comme me le raconte mon père, un vacarme de tonnerre se fit entendre sur toute l'étendue de la capitale. Contre toute attente et l'étonnement et la joie se lisant sur tous les visages, Joseph Kasa-Vubu venait de remporter les élections.

Joseph Kasa-Vubu aussi, comme Lumumba, avait oublié, en devenant président de la république du Congo après les élections, tout ce qui s'était dit entre lui et le Patriarche sur un programme à suivre pour que le Congo puisse marcher sur le chemin lui tracé par le destin.

L'ingratitude paye, disions-nous. Et la suite est connue.

 

Le Président Mobutu, lui aussi n'est pas en reste. Dans mon enfance, je revois mon père me dire que Mobutu était nuitamment aller visiter le Patriarche dans sa terre sacrée de Ntendesi, aujourd'hui Songa-Ntela, située entre la localité de Luila (Wolter) et la mission de Sona-Bata, à près de 80 à 90 km de Kinshasa. Que s'était-il dit entre les deux hommes ? Personne ne le sait. Mais force est de reconnaître que Mobutu n'est pas cet homme qui désirerait marcher sous les conseils ou directives d'un Homme de Dieu dans l'exercice de son règne. Mobutu était parti et gratifia l'Eglise d'un don de quelque cinq millions de zaïres. Il était parti pour toujours.

 

A chaque fois qu'il y avait des rencontres avec les premières autorités du pays, le Patriarche évoquait toujours la problématique de la signature de la personnalité civile, document devant mettre l'Eglise des Noirs en Afrique dans ses pleins droits, car n'exerçant que sur un simple arrêté ministériel. Dailleurs, c'est pour le même document en quelque sorte qu'il se présenta devant l'autorité territoriale coloniale à Madimba, en 1939, pour obtenir la restauration de l'église de nos ancêtres bafouée. Et ce 1939 là, fut le début de l'enfer pour les membres de l'Eglise des Noirs en Afrique.

 

Ni l'autorité coloniale belge, ni le Président Joseph Kasa-Vubu, ni le Président Joseph-Désiré Mobutu, personne n'accorda la personnalité civile à l'Eglise des Noirs en Afrique. Le dossier était enfoui sous d'autres dossiers inutiles.

Seul, le libérateur, Mze Laurent-Désiré Kabila, reconnaissant la personnalité suprême de Simon Kimbangu, dont il ne se gêne pas de citer son nom dans nombre de ses adresses au peuple, seul donc Mze Laurant-Désiré Kabila, avait eu ce courage, cette disponibilité d'esprit à signer ce document. Donc, plus de 60 ans après l'introduction du dossier. Que son âme repose en paix.

 

Lucas

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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LA RELEGATION : UNE PRISON A PERPETUITE

22 Mars 2011 , Rédigé par Lucas Publié dans #RELIGION ANCESTRALE

C'était la chasse à l'homme, engagée par l'autorité coloniale belge, de connivence bien sûr et toujours avec l'église chétienne. Tout celui qui était fidèle de l'Eglise des Noirs en Afrique et même ceux des innocents qui en portaient des signes tels que tenues kaki, coiffure à ras-de-tête, képi kaki, mouchoirs de tête pour les femmes, tous étaient arrêtés et emmenés en prison, à Mbanza-Ngungu, à Madimba, puis transférés à Kinshasa, à la prison de Ndolo.

 

De Kinshasa, ils furent embarqués dans des barges avec couvercles à l'intérieur desquelles bouillonnait une chaleur  insupportable, et voguèrent, pour des destinations qui leur étaent inconnues. C'était des esclaves dans leurs propres terres. Aujourd'hui, quand on parcourt leurs nombreux cantiques, on les entend encore chanter : 

 

"Nous avons sillonné des vastes étendues d'eau, des nzadi (fleuves),

des forêts vastes, que nous n'avions jamais vus chez nous".

 

Plus loin ils ajoutent :

Nous avons beaucoup souffert dans notre pays par la seule haine du flamand

Nombreaux  de nos fidèles (ntumwa) sont morts en prison par la seule haine du flamand

Et depuis ces temps-là jusqu'à aujourd'hui,

Nos larmes coulent toujours sur nos joues

Et depuis ces temps-là jusqu'à aujourd'hui,

Nous ne savons où est bâti leur cimétière.

 

Quand ce cantique s'exécute, en mémoire de ceux et celles-là que la haine et la barbarie flamande à fauchés, tous les fidèles ont les mains croisées sur la nuque en signe de tristesse, en signe de deuil.

 

Drôle de déportation où tous mes pères, mes mères, mes grand'mères et grands pères se sont retrouvés en pleine forêt équatoriale. Mon père, mon géniteur, avait à peine neuf ans quand ses parents l'emportaient avec eux vers la mort programmée par les flamands, vers des contrées lointaines d'où, peut-être, on ne reviendrait plus. Ils y avaient étaient amenés de force, pour les punir, très loin de chez eux,  par l'autorité coloniale belge pour le seul fait d'avoir été fidèles au kakisme ou mpadisme ou tout simplement membres à part entière de l'église des noirs en Afrique dont le Patriarche Mpadi Buka Makengo Nsuka est le seul et unique  Fondateur.

C'était un monde nouveau, un monde d'horreur, car exposés au venin des serpents, aux griffes des fauves, aux canines de crocodiles et aux multiples dangers que cache la forêt vierge, la forêt dense, la forêt équatoriale.

Mais nos pères, nos grands pères, nos grand'mères nous racontent, au sortir de leur relégation que tout au long de cette période, aucun fidèle ne fut mordu et tué par un serpent, ni dévoré par un fauve ou happé par un crocodile au bord d'une rivière, personne et c'est là un miracle qu'on reconnaît sincèrement à notre Dieu. L'objectif de l'autorité coloniale, dont l'acte était fortement appuyé par les églises chrétiennes, car autorité coloniale et église chrétienne ne faisaient qu'un, était de faire oublier à ces prisoniers-relégués leurs contrées d'origine (dans le Bas-Congo) et les disuader à ne plus évoquer un seul instant le nom de l'église des noirs en Afrique et de ses deux piliers qui sont Kimbangu Simon et Mpadi Simon-Pierre.

La relégation, la déportation,  c'est en fait une prison, une condamnation à perpétuité, où les victimes , installées dans des camps appelés "CARD" (Camps pour les Relégués Dangereux", devaient mourir lentement mais sûrement. . Pourvu vu que leurs idéologies, leurs croyances, leur Dieu, s'enterrent avec eux.  Ainsi le christiannisme devait faire cavalier seul et s'imposer à travers tout le Congo. Les chiens aboyaient, le christiannisme passait. Et écrasait même tous ces chiens qui aboyaient.

Le fimbu ou le fouet était leur pain quotidien, surtout quand on allait à l'encontre des lois ou des règles de conduite sociale établies. Moon père et son frère en ont un jour payé les frais.

 

Ce jour-là, et visiblement, le blanc était de mauvais humeur. Il a eu vent que certains relegués s'étaient rencontrés secrètement en forêt et avaient initié des séances de prière. Il convoqua tout le village et leur parla sans mâcher ses mots. Il insista rigoureusement sur l'interdiction qui frappait de telles pratiques et promettait de sanctions très sévères à l'endroit de ceux qui seraient appréhendés en train de prier.

Il tonna jusqu'à rougir et les gratifia des injures de toutes sortes. Pendant qu'il était dans tous ses états et parlait en gesticulant, il trébucha contre un petit cailloux et faillit tomber à la renverse. Heureusement qu'il y eut le réflexe rapide de garder son équilibre et de se retenir.

Alors, au  même moment et au vu de ce geste, quelqu'un avait rigolé dans la foule.  Le blanc entendit ce ricanement et redressa sa tête, le front froncé, les yeux rétrécis par la colère, et son regard balayant l'assemblée comme un laser.

"Qui a rigolé ? Qui ? Qui ? Eeeinnh ? Bande de macaques, bande de singes, bêtes de somme ! "

Silence ! Et son regard continua à chercher dans la foule, figée comme un assemblage de statuettes. personne ne bougeait. Le radar se fixa sur le frère de mon père qui avait gardé la bouche ouverte faisant montrer ses gencives.

"Allez ! Toi la-bas ! Simon Mpelo (c'était son nom), allez devant ! Couillon ! Macaque ! Tu te moques de moi, eeihnn ?"

 

Le pauvre ! Il est né avec ce peti défaut, celui de ne savoir garder la bouche fermée. Pauvre innocent !

Il passa devant, conduit de force par deux "mbulu-mbulu" (hommes de main du blanc.

"Non, n'est pas moi, c'est...!"

"C'est twaaaaaaaahhhhhh", enchaîna le blanc, tout rouge de rage.

On plaqua mon père au le sol, ventre à terre, et l'ordre fut donné : "36".

Le fouet sifla sur mon oncle paternel et le toucha septente-deux fois, puisque un fouet vaut un aller et retour.

Son dos était en feu et tout strié de lignes de brûlure comme si on l'avait marqué au fer chaud.

Il fut transporté jusqu' à sa case et y resta une semaine entière en poisiton endormie sur le ventre.

 

Mon père, lui, tout adolescent encore qu'il était, exécutait une descente à vélo à travers la cité. Se mesurant peut-être à Eddy Merckx, il prit ses deux jambes, les plaça sur le guidon et se laissa emporter au gré la déclinaison de la route.

Au bas de la pente, le blanc avait stationné et donnait ce qui devait être des consignes à des gens pour l'exécution d'un travail. C'était trop tard. Il ne fallait même pas oser s'enfuir, pour aller où d'ailleurs...

Il freina brusquement, perdit de l'équilibre, rentra dans un trou et bascula de côté. Les mbulu-mbulu les rammassèrent et lui firent boire sa tasse de café. "12"

Le fouet visita son dos vint-quatre fois, assaisonné de tout un chapelet d'injures.

Et après tout le blanc dit : " Comme il n'a pas besoin des pédales, coupez-les lui."

Et on amputa son vélo de pédales.

 

Un jour sur le chantier, le blanc remarqua que la brouette n'avait pas été sortie du magasin qu'abritait une construction annexe à l'arrière de sa résidence, qui se situait à plus de cinq cents mètres du chantier.

Et c'est mon grand père qui était désigné pour aller vite chercher la brouette.

Quelques minutes plus tard, il revint avec l'engin sur ses épaules, tout suant...au lieu de le rouler.

Et le blanc prit une de ses colères qu'il se moqua de lui d'abord puis lui demanda de se coucher à terre.

Et le foua siffla quarante-huit fois pour le corriger de ce bête agissement.

Il fallait user de plantes médicinales camphrées pour que le vieux recouvrit vite ses capacités de redresser so dos.

 

Quand mon père me raconte tout cela, il y a des fois que cela lui fait rire, mais à certains moments, il a des larmes qui lui mouillent ses yeux et qu'il essaye de sécher discrètement du bout de ses doigts.  Il pense à son enfance bafouée, détournée par l'homme blanc, par le flamand. Son destin déraillé. Mmais, dès qu'il se ressaisit, il dit : "c'ést la volonté de Dieu, peut-être qu'il fallait nécessairement passer par là ; mais, maintenant, vous, mes enfants, vous êtes-là. N'oubliez jamais ce Notre Dieu, le NZAMBI MPUNGU TULENDU.

 

Lucas

 

 

 

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FEMME AFRICAINE,NE PLEURE PAS

20 Mars 2011 , Rédigé par Lucas Publié dans #POESIE

 

Un poème dédié à la femme africaine, qui ne peut enfanter dans la paix, qui ne peut piller son mil, son blé ou son manioc dans la tranquillité, qui ne peut choyer, dorloter ses enfants dans la paix de la création, qui ne peut cuire son couscous avec du bon poisson aromatisé, qui ne peut laver son enfant calmement pour le diriger sur le chemin de l'école...puisque, oui puisque l'on signale l'arrivée imminente de l'ennemi qui va tout mettre à sac sur son passage. Et tout ceci parce que nous sommes dans la jungle et que parce que quelqu'un veut s'établir roi.

 

 

FEMME AFRICAINE  NE PLEURE PAS

 

Femme ne pleure pas, de grâce !

Ôte ce masque de misère sous lequel coulent tes larmes

Ôte ce masque de souffrances dues au crépitement des armes

Ôte ce masque de pauvreté où t’ont réduite ces rapaces

 

Ils ont tous péché

Ils ont tous tué

Ils seront tous privés de la sainte AFRIQUE

Et tous doivent déposer sans réplique

 

Ils ont tous éventré leurs frères

Ils ont tous enterré vivantes nos mères

Ils ont tous brûlé nos villages et nos champs

Ils ont tous les mains tachetées de sang

Ils ont tous violé leurs propres sœurs

Les laissant dans une infinie  rancœur

 

Je sais femme, que dans ta rétine

Défilent encore les cases consumant sous les flammes

Je sais, femme, qu’encore, tu t’imagines

Avec douleur, le sort réservé aux autres dames

 

Femme ne pleure plus, je t’en supplie

Une nouvelle ère est en train de jaillir

Qui fera tomber une abondante pluie

Sur cette terre aride qui fait, toute récolte, faillir

 

Mais ne pleure pas femme, sors de cette angoisse,

Dans laquelle tu t’enlises nuit et jour

Pensant à ta personnalité qui se froisse

 

Face aux traitements bestiaux reçus des vautours

Ne pleure plus femme, éponge tes yeux,

Car, aujourd’hui est venue ton heure

Où  ta voix sera entendue en tous lieux

Où  tout le monde attendra de toi lueur et non leurre.

 

 

 

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Lucas

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MPADI Simon-Pierre et L'EGLISE DES NOIRS EN AFRIQUE

16 Mars 2011 , Rédigé par Lucas Publié dans #RELIGION ANCESTRALE

L'Eglise des Noirs est un rassemblement des peuples, de la race noire, qui, depuis des temps, ont su qu'il y avait au-dessus d'eux un Etre Suprême auquel elles devaient vouer toute leur existence, des cérémonies et des cultes d'adoration en guise de reconnaissance. Un Etre Créateur, le Dieu-Tout-Puissant, le Nzambi-Mpungu-a-Tulendo, à qui tout l'univers appartient.

 

Cette Eglise-là existe depuis la création du monde avec l'apparition des premiers parents noirs dont l'homme porte le nom de NZALAPANDA et la femme, celui de KITELE KINAMBU. C'est de ces deux ancêtres qu'est issue la race noire.

Cette Eglise-là était présente encore et vivante quand les européens mirent pied pour la première fois sur la terre de nos ancêtres. On sait qu'il s'ensuivit après un travail de sape et de destruction de toutes les valeurs spirituelles autochtones ou locales trouvées sur place de la part des européens qui imposèrent, comme au temps des Croisades, leur religion, le christianisme. De grandes dames, les Ndona, les Prophétesses comme Ndona Mafuta, Ndona Nzinga et avec la plus vaillante de toutes, Ndona Nsimba Kimpa Béatrice Vita Ishipa, la Jeanne-d'Arc d'Afrique, brillèrent de toute leur bravoure dans cette âpre lutte qu'elles menèrent contre l'invasion ou l'imposition du christianisme. Des prophétesses les plus connues, l'Afrique entière en compte à peu près onze, dont Nzinga-Mbandi du Kongo-Angola, Mafuta Ngalifur du Congo-Brazza -Angola, Nsimba Béatrice Kimpa Vita Ishipa du Kongo-Angola, Angotine du Dahomey, Yacine Boubou du Gabon, Nyamega de Haute-Volta et  Baikisi, Amidaki, Sengola-Kadjou

Avec la mort de Ndona Nsimba Béatrice Kimpa Vita Ishipa, brûlée vive sur l'échaffaut, les européens, plus précisément les missionnaires catholiques, envoyés au Congo-Angola, crurent par cette mort tragique, étouffer le "mal" pour toujours. Ce serait gênant et inadmissible pour eux qu'une Religion autre que la leur, et surtout indigène,  puisse encore exister pendant qu'ils sont devenus les seuls maîtres de la région. Et cette mort, condamnable à juste titre, avait été préparée pour disuader les populations fidèles noires de s'accrocher à leur religion. Les rédicivistes, rattrapés, furent sauvagement traités...jusqu' aux abords de la mort.

 

Mais l'histoire, comme disait, quelqu'un, l'histoire ne saute pas. Ce que Dieu a planifié finit toujours par s'accomplir, même si de mauvais coeurs essayent de cacher sa brillance aux yeux du monde. Babylone la grande métropole, Babylone la corrompue, le New-York d'antan, le Buenos-Aires de l'autrefois, n'est-elle pas aujourd'hui qu'un amas de terre inculte et désertique où rien ne pousse, ne réflétant en aucune fois la valeur de ce qu'il y eût en ces lieux voilà bien des années. Jérémie, le prophète, par l'inspiration de son Dieu, avait tout mis au vu et au su de tout le monde par écrit, mais les gens s'en moquaient éperdûment. Essayez de parler de la disparition de New-York dans les années à venir, eh bien les gens vont vous traiter de fou. Pourtant tout cela peut arriver si et seulement si cela se retrouve dans le plan de Dieu. Pourtant aussi, avec l'effondrement par dilatation de gigantesques glaciers, les eaux de l'océan peuvent monter de niveau et engloutir toutes les villes côtières.

 

Ce que les blancs, les européens, les missionnaires avaient oublié, c'est qu'avant d'expirer sous les coups des flammes dévoratrices, Ndona Nsimba béatrice Kimpa  Vita Ishipa avait prédi l'arrivée de Simon Kimbangu Diatungunua. Kimbangu, Simon, qui vint au monde deux cents ans après le supplice de Ndona Nsimba,  eut une enfance des plus tumultueuses car souffrant d'une maladie chronique qui le menait aux portes de la mort. Il fallait bien que les femmes du village puissent recourrir aux cérémonies ancestrales pour que cet esprit de mort-là le lâchât et le remît à la vie. Nous reparlerons de cette enfance, car Kimbangu Simon de 1921, n'était pas le même que le moribond des années 1889. Il avait été échangé contre un autre par un homme géant dont les jambes se perdaient dans un précipice profond, où l'enfant Kimbangu avait dégringolé, et dont la tête touchait les nuages.

 

Kimbangu exerça son ministère de courte durée, du 18/03/1921 au 17/07/1921, durant lequel il accomplt des miracles qui attirèrent de nombreuses foules de tous les coins de la contrée. Il guerissait des maladies, de toutes sortes, et redonnait la vie aux morts, rien que par l'imposition des mains. Cent quarante-six morts (146) ressuscitèrent  et retrouvèrent leur vie normale, tandis que dix-sept mille huit cent nonante-deux (17892) malades furent guéris, débarassés totalement de toutes leurs maladies, devenant ainsi des hommes nouveaux et décidés à suivre le MVULUSI jusqu'au bout.

Son premier miracle, il l'accomplit en rendant la vie à une fillette, répondant au nom de Nzuzi Elysabeth, au village Kilombo, dans le fief de N'kamba. Toute la région du Bas-Congo, partie ouest de la république démocratique du Congo communiquant avec l'océan était en effervescence. Les populations se sentaient libérées à part entière par ce souffle méssianique qui les galvanisait et n'avaient rien à attendre de l'autorité coloniale. Et dans cet éclatement de joie, l'on pouvait distinguer un regain de patriotisme, de nationalisme, d'espoir de la reconquête de la personnalité perdue. Les hôpitaux, gérés par des missionnaires se vidaient, les sociétés se vidaient aussi de leurs travailleurs préférant aller voir le MVULUSI, le Sauveur des noirs. A Kinshasa, mêmement. Des trains de la société de chemin de fer, ONATRA, qui réalisa des recettes comme jamais auparavant, étaient chaque jour bondés de monde, déversant des foules entières  vers la région du Bas-Congo. Il y eut un manque à gagner très important au niveau des hôpitaux et des sociétés commerciales manufacturières. Le mouvement était d'une telle ampleur que l'autorité religieuse et l'autorité coloniale virent cela de mauvais oeil et se tinrent des conciliabules. Le mouvement fut taxé, à tort ou à raison, de mouvement politico-religieux car, aux côtés de leur MVULUSI. . Pourquoi moisir sur un lit d'hôpital et dépenser de l'argent alors qu'avec une simple imposition des main du MVULUSI, on était guéri à la seconde !

 

Kimbangu Simon  fut arrêté le 18/03/1921.

L'histoire a été tronquée et c'est à tort et de travers que certaines langues, pour flouer bien sûr la vérité, s'obstinent à dire sans scrupule, sans gêne que Kimbangu était l'envoyé spécial de Jésus-Christ sur la terre. C'est faux et archi-faux. Autrement, l'autorité coloniale, de connivence avec les églises chrétiennes réunies (catholique, salutiste, protestante), n'auraient pas pu lui réserver un tel traitement digne d'un esclave. Plutôt, digne d'un criminel. Or, Kimbangu n'a tué personne, n'a pris aucune femme d'autrui, n'avait de compte à devoir à qui que soit. Seulement pour le fait d'avoir prêcher son peuple au nom de son Dieu, Kimbangu, à lâge de trente-deux ans, a vu sa vie, son destin chavirer, détourné par des étrangers venus des contrées lointaines à la solde de l'on-ne-sait-qui, du diable peut-être, comme persistent à le croire nos grands parents, nos aïeux.

Ndona Kimpa Nsimba Béatrice Vita Ishipa avait prophétisé l'avènement de Kimbangu Simon et quand ce dernier fut arrêté et emprisonné à Mbanza-Ngungu (Thysville) d'abord, puis transféré à Kinshasa/Ndolo (Léopoldville), et enfin vers la prison centrale de Lubumbashi (Elysabethville), il cracha à la face de l'autorité coloniale belge prophétisant à son tour qu'un deuxième Simon, plus fort que lui et qui les empêcherait de dormir en toute tranquillité était en voie de venir.

 

Ce deuxième Simon n'est autre que le Patriarche Mpadi (Simon-Pierre) Buka Makengo Nsuka, Kembu-dia-Nzenza Va Kintete Beredenengu Mumvuma T.T.A.T., né le 25/09/1909, à Mbata Ladi (terre de Kibambi), sous-région de la Lukaya, Territoire de Madimba, dans la Province du Bas-Congo, fils de Mfumu Nsiala Mbata (Grand Chef Médaillé de la région) et de Maman Sela-dia-Kiwula. Il est du clan Vitinimi-na-Mpangu-zi-Kongo, le clan royal dans l'ancien Royaune de Kongo-Angola. C'est l'un des héritiers du trône royal, mais les affaires du monde n'étaient pas siennes du moment où il était prédestiné à s'occuper des brebis perdues d'Afrique, de les nourrir de parole divine, et de les sauver. C'est lui qui devait succéder à Kimbangu Simon et reprendre le bâton du berger.

Ainsi, l'Eglise des Noirs en Afrique devrait-elle naître, dans une période difficile où l'homme blanc, le colonisateur belge, s'était investi à réprimer sévèrement tout mouvement religieux ne partageant pas les idéologies chrétiennes. L'Eglise des Noirs en Afrique est en fait le chemin, la voie sur laquelle doit marcher tout noir qui veut avoir, après sa vie terrestre, une place dans le Royaume de Nzambi Mpungu Tulendo.

L'Eglise des Noirs, c'est l'église réhabilitée de nos ancêtres que la colonisation a voulu, usant des méhodes ou procédures des plus inhumaines,  enterrer pour la faire disparaître sur la terre des hommes. Ils ont tué, torturé, mis en prison, envoyé à la relégation des foules entières des fidèles au MVULUSI. Mais en vain. Comme le stipule une citation : "Tuez, tuez, il en restera toujours".

Quelqu'un m'a dit un jour que quelqu'un, du monde, s'était exclamé en disant : "GOD IS BLACK".

 

 

  LUCAS

 

 

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CIEL ET MER EN FURIE

13 Mars 2011 , Rédigé par Lucas Publié dans #POESIE

Ce matin, c’était une mer très calme 

Infinie étendue lisse aux eaux planes

D’où se miroite le soleil levant

Que ne vient perturber le moindre vent

 

A midi, une mer aux eaux de soufre

Que fait grésiller un léger et chaud souffle

D’où se reflète un soleil en pleins feux

Insupportable tableau pour les yeux

 

Au crépuscule, une mer en furie

Infernale, hurlant comme cent lions

Et dont les hautes vagues, en dents de scie,

Comme des flammes, disparaissent au loin.

 

Un océan invivable et déchaîné

Un ciel apocalyptique et grisâtre

Rugissant comme deux monstres

Par une main invisible enchaînés

 

 

Lucas

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TU T'EN VAS, PRINCESSE

13 Mars 2011 , Rédigé par Lucas Publié dans #POESIE

 

 

La Mort, c'est une dure et douloureuse séparation. Ressentie, plus, par ceux qui restent en vie et non par ceux qui partent, inertes, aveugles, sourds, muets, couchés dans leur cerceuil. Mais il faudra que cela arrive un jour à tout un chacun de nous...avec espoir de retrouver nos très chers qui nous ont précédés.

 

 

Te voilà donc partie pour un long voyage

Comme un musulman s’en va en pèlerinage

Comme un voilier fend l’océan pour de lointains rivages

Mais à quand ton retour, jusques à quand te reverrai-je ?

 

La nature t’a rappelée trop tôt ! oh dommage !

De ton arbre de vie s’est envolé tout le feuillage

De ton livre de vie a été tournée la dernière page

Tu es passé de la vie vers la mort, oh dur passage

 

Alors, je m’enfermerai tel un oiseau dans sa cage

Qui patiemment attend voir pousser son plumage

Pour voler sur les étendues infinies et sauvages

en sifflant et lançant au Ciel des refrains de louange.

 

J’attendrai qu’enfin  m’emporte le poids de l’âge

vers les cités dorées du ciel gardées par les anges

Qui, comme l’astre dans le désert aux rois mages

Me guideront jusqu’à retrouver enfin ton visage

Enfoui dans  cet abîme  profond des ages

 

LUCAS

 

 

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ENCEINTE DE MON FILS

13 Mars 2011 , Rédigé par Lucas Publié dans #POESIE

 

 Princesse, j'ai pris soin de toi, dans mon jardin. Je me suis occupé de toi comme je le ferai d'un rosier dans mon potager. je t'ai arrosée, je t'ai enfumée, je t'ai protégée à l'herbicide pour que les insectes ne te ruinent et ne t'avilissent. Voilà maintenant que tu vas me donner ma première rose. Mon fils.

 

 

Et mon nom, sera le sien

Tu le couvriras de tous les soins

Il est le rejet de notre alliance

Jouissons-nous, chérie, de cette chance 

 

Jouissons-nous, jouissons-nous, mon amour

Nous avons tant souffert nuit et jour

Nous voilà donc, au bout de la peine

Glorifions Dieu, pour cette veine

 

Fonce ! Fonce mon fils, comme un lion

Et plus que moi va, file  très loin

Car les cieux t‘ouvriront la route

  tu marcheras sans un seul doute

 

Mon enfant ! Mon  cher fils ! Mon enfant !

Brille ! Brille,  comme le soleil levant

Mille ans, au sein de notre demeure

Avant qu’à l’occident, tu te meures.

 

Lucas

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ECOUTE UNE FOIS, PRINCESSE

13 Mars 2011 , Rédigé par Lucas Publié dans #POESIE

Sans femme, cette terre des hommes ressemblerait à un trou où l'on aurait balancé ensemble et des escorpions, et des crabes, et des serpents, et des fourmis, et des guêpes qui s'entrepiqueraient éternellement. Un enfer, en miniature.

La vie serait dure et insupportable.

Dieu avait remarqué ce vice de création, aussi ne tarda-t-il pas à créer la femme.

Et il y eut de l'équilibre.

 

 

J’avais, ce soir-là, ramassé ton baiser

Comme une fleur rose au bord de la route

Et je ne me ferais jamais plus de doute

Que d’intensité, notre amour va baisser.

 

Mon cœur, de choc, a dans toute sa profondeur, vibré

Je ne pouvais jamais, suite à cet instantané coup de foudre

Suite à cette équation difficile à résoudre,

Te voir partir en me laissant ton parfum ambré.

 

Devrais-je te laisser partir ? Je te perdais pour toujours

De toutes les beautés passantes, aucune, d’amour

N’a pu conquérir mon cœur. Laisse-moi te dire Princesse

Que ta beauté irrésistible a pris mon cœur en laisse.

 

Jouissons-nous ! Jouissons-nous ! Mon amour

Nous avons tant souffert, nuit et jour

Arrosons notre amour afin que, comme un arbre, il croisse

Et qu’un jour, les oiseaux du ciel viennent y chanter sans cesse

 

Lucas

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