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MPADI SIMON-PIERRE : DE L'EGLISE PROTESTANTE A L'ARMEE DU SALUT

3 Mai 2011 , Rédigé par Lucas Publié dans #RELIGION ANCESTRALE

Pendant que les 77.777.777.000 anges visiteurs, descendus du ciel pour rencontrer Ndona Luila dia Kiwula prenaient leur petit repas fait d'épis de maïs et d'arachides, l'homme qu'ils avaient désigné qui ouvrirait les trois livres sacrés et qui distribuerait tout ce trésor venu du ciel et amassé dans la case de quatorze mètres sur sept, il s'agit bien de l'enfant Mpadi, eh bien, celui-ci étudiait à Sona-Bata dans une école de catéchistes protestants.

Comment Mpadi était-il arrivé à Sona-Bata ? En 1916, son gand-père répondant au nom de Gonda di Kinsaku, avait eu une vision dans laquelle il vit que son petit-fils, Mpadi-Simon-Pierre, alors agé seulement de sept ans, avait pris une taille de géant au point qu'il pouvait toucher le firmament. Le ciel s'ouvrit et vit un ange en sortir qui s'écria : "Ce jeune homme sera le messie de la race noire;". Informé de cette vision, le Révérend-Père Mac DIARMID de la Mission protestante ABFMS descendit sur les lieux et prit le petit Mpadi Simon-Pierre avec lui pour la Communauté Protestante de Sona-Bata. C'était un élève très brillant qui se distingua très vite dans l'assimilation de la matière biblique et qui se fit vite remarquer auprès de ses chefs hiérarchiques. Au sein de cette communauté, la popularité de Mpadi s'accrut de manière considérable et fit naître des inquiétudes tant au niveau des autorités religieuses qu'au niveau de l'Administration Coloniale. L'on se demandait s'il ne se cachait pas quelque chose de louche dans les activités du pasteur Mpadi Simon-Pierre.

 

Un jour, les autorités religieuses de Sona-Bata décidèrent de l'envoyer à Kimpese afin de parfaire ses études pastorales, mais malheusement des refus se levèrent contre ce projet notamment dans le chef du Pasteur David Nsiata.

Mécontent de ces agissements de la part du pasteur David Nsiata, Mpadi Simon-Pierre se résolut de rentrer chez lui dans son village natal, à Ladi. Curieusement, son absence créa un grand vide et un découragement total de la part de tous les fidèles.

Le révérend-Père Mac Diarmid, Responsable de la paroisse, après s'être enquis de cette situation qui affectait déjà le moral des fidèles, n'alla pas sur quatre chemins et fit revenir le pasteur Mpadi Simon-Pierre à son poste de Sona-Bata.

Compte tenu de son estime et de son rendement, justement dus à sa façon de gérer les hommes plac"s sous sa responsabilité, les autorités de l'Eglise décidèrent de changer le prénom d'Abraham qu'il portait alors par celui de Simon-Pierre. De Mpadi Abraham, il passait à Mpadi Simon-Pierre.

 

Mais il se fit que l'Armée du Salut débarquait elle-aussi au Congo vers les années 1934 avec comme chef de troupe le Major Henri Becquet. Après quelques années sur le sol congolais, l'Armée du Salut se résolut, pour une bonne visibilité ou pour un bon référencement de son église disposer d'un homme de taille capable de galvaniser l'équipe des pasteurs en place.  C'est ainsi qu'elle tourna l'oeil vers la mission ABFMS de Sona-Bata et les protestants lui cédèrent en prêt le catéchiste Mpadi Simon-Pierre. Il fut admis à l'Ecole des Cadets et en sortit comme 1er Officier au grade de Lieutenant de la première promotion "BASAKOLI NA MPIKO" qui va d'octobre 1938 à juin 1939. Avec le passage de Mpadi, l'Armée du Salut connut une expansion on ne peut plus considérable et Mpadi. Sous son commandement, plusieurs postes salutistes s'érigèrent à Kinshasa tout comme dans ses environs. Et ayant remarqué cela, le Major Henri Becquet contacta le Quartier Général de Londres et lança sa proposition de bâtir une école militaire pour la formation des officiers congolais

La proposition avalisée, il fut donc construit un bâtiment comprenant une salle des cours, un réfectoire, une cuisine et encore furent érigées cinq maisons chacune ayant la capacité d'abriter un couple. Les nouveaux Cadets-Lieutenants dont les noms ciaprès, sont sortis de cette école et ont été affectés vers de nouveaux postes. il s'agit de :

- Bage

- Engenge

- Cessere

- Mafuta

- Makengo

- Mokela

- Mpadi

- Nzembu

- Toyeye

-  Wembe

 

Mais vers le début de 1939, Mpadi reçut de Simon Kimbangu, l'on ne sait par quel miracle, une lettre de Mfumu Simon Kimbangu, alors prisonnier à Elysabetville, lui révélant que Wamba wa Mpungu Tulendu, le Dieu des Noirs, l'instituait pour la continuité de l'oeuvre divine ainsi laissée à mi-chemin. Mfumu Kimbangu lui expliquait qu'il avait adressé une lettre aux siens, mais voilà que ces derniers, suite aux affres des arrestations et des tortures de tous genres que leur a fait subir l'autorité coloniale, et par peur de rerprésailles aussi, avaient catégoriquement réfusé de songer à la relancer de l'oeuvre de Wamba wa Mpungu Tulendu.

Il lui expliquait aussi que c'est Wamba Wa Mpungu Tulendu lui-même qui lui avait demandé de circuler sur le territoire de Madimba pour voir qui pouvait être désigné pour la continuité de son oeuvre.

 

Quand Mpadi Simon-Pierre lit et relit cette lettre, il n'hésita même pas et à la seconde répondit affirmativement à Mfumu Kimbangu Simon. Pendant l'exercice de ses fonctions au sein de l'Armée du Salut, et surtout au moment où il devait recevoir les nouveaux croyants, Mpadi Simon-Pierre ne leur cacher rien du tout et leur parler en parabole.

Il s'adressait à chaque nouveau fidèle venu en lui montrant deux régistres en ces termes :"Entre une viande avariée et une viande toute fraîche et saignante qu'on vient d'abattre aujourd'hui, laquelle préfères tu ?" Et il enregistrait, discrètement, à l'insu du Major Henri Becquet, les nouveaux adhérents selon qu'ils avaient opté pour de la viande pourrie ou de la viande fraîche. La viande pourrie représentait cette église des ancêtres enterrée et enfuie depuis des temps tandis que la fraîche symbolisait les églises nouvellement venues, apportées par le colonisateur.

Discrètement aussi, Mpadi Simon-Pierre invitait les consommateurs de la viande pourrie dont les noms figuraient dans l'un des régistres à des rencontres secrètes au cours desquelles il devait leur parler des choses sérieuses, de la volonté de Mfumu Simon Kimbangu et de Wamba wa Mpungu Tulendu qui l'avaient choisi pour la continuité de l'église des ancêtres.

 

Quand Mpadi Simon-Pierre chantait, c'est à des kilométres à la ronde qu'on pouvait entendre sa voix. Quel ne fut pas l'émerveillement de Henri Becquet  quand Mpadi Simon-Pierre ministra son premier culte. Il faisait la fierté de l'Armée du Salut. Mais cette fois, par rapport à la lettre qu'il avait reçue de Mfumu Simon Kimbangu, Mpadi était obligé de  quitter le salutisme. Ici, il faut que le monde comprenne bien. Mpadi Simon-Pierre a quitté l'Armée du Salut non pas qu'il s'est réveillé un beau matin ensoleillé de 1939 et se décida d'un coup d'aller créer l'Eglise des Noirs en Afrique, non ! non ! c'est plutôt suite au refus catégorique des pères de Mfumu Simon Kimbangu (en terre de Luozi) d'assurer la continuité de son oeuvre, refus qui décevra Wamba Wa Mpungu Tulendu qui ira choisir Mpadi Simon-Pierre dans le territoire de Madimba.

 

Ce qu'il faut retenir sur ce chapitre de succession de Kimbangu est qu'une première assemblée se tint au village Kindundu dans la province du Bas-Congo où prirent part 7000 adeptes et 97 disciples. l'ordre du jour ne comportait qu'un seul point : le choix du numéro un de l'église. Ce point ne se traita pas dans l'aisance, au contraire il suscita beaucoup de controverse dans ce sens que chaque disciple présent à Kindundu voulait se proclamer CHEF de l'église. Celui-ci disant : "j'ai bu le reste du verre d'eau que le prophète m'avait confié et m'avait de ce fait tranmis son pouvoir"; celui-là clamait tout haut : "c'est à moi qu'il a donné la moitié de la banane qu'il consommait et m'a béni ensuite"..."C'est moi qui ai porté son sac" ; "c'est moi qui lui coupait ses ongles"...Dans cet imbroglio né de ce chapitre de succession, un des chefs médaillés de la province, Mfumu Booto, proposa à l'assemblée de laisser au seul promoteur du mouvement, mfumu Simon Kimbangu, la latitude de désigner le successeur qu'attendait les fidèles.

 

Saisi de la question, Kimbangu entra dans un jeune de 44 jours et 44 nuits, période pendant laquelle il implora Wamba wa Mpungu Tulendu afin de l'aider à resoudre spirituellement cet épineux et important problème de choix d'un responsable de l'église. Ce dans ce contexte que le Ciel révéla le nom de Simon-Pierre Mpadi à Mfumu Kimbangu, qui, à son tour transmis la nouvelle à l'assemblée de Kindundu. Il faut ajouter ici que le prophète n'avait jamais connu Simon-Pierre Mpadi, ni de nom, ni de figure.

"Comme les tiens t'ont trahi, alors dirige ton regard sur le territoire de Madimba, c'est là que tu trouveras celui que j'ai choisi pour asurer la continuité de mon oeuvre", avait dit Wamba wa Mpungu Tulendu à Simon Kimbangu.

Cette réponse fut accueillie favorablement par l'Assemblée et une délégation de 120 personnes fut constituée pour porter la nouvelle à Simon-Pierre Mpadi.

 

Le départ de Mpadi de l'Armée du Salut ne se fit pas en cachette mais bien au vu et au su de tout le monde, de tous les fidèles, de toute sa hiérarchie, et c'était au cours d'un culte religieux ou une grande manifestation de prière qu'il célébrait sur la rue Kapanga, dans la commune de Kinshasa. La surprise était totale et la démission, contre toute attente, tomba nette comme une foudre. C'était le 05 septembre 1939.

Ce jour-là, la foule était nombreuse pouvait compter plus de 5.000 fidèles venus suivre l'enseignement évangélique de Mpadi au cours duquel il parla d'un homme qui possède tout mais qui aimerait aller habiter dans une maison où les gens vivent misérablement, meurent de faim, ont la bouche sèche, en lieu et place de rester dans celle où les gens ne manquent de rien.

 

A la fin du culte, Mpadi Simon-Pierre venait donc de jeter le tablier et anonnçait sa séparation  d'avec Henri Becquet ou d'avec l'Armée du Salut en entonnant une chanson en dialecte kongo que toute la foule reprit en choeur sans savoir ce qui s'ensuivait.

 

- Nzolele ya landa Mfumu Kimbangu 

- Konso kuma ku ukwenda  

- Avo mpasi, avo wete,    

- Mono si ya landanga                               :        

- Nitu ame, moko mame ye malu mame

- Biawonsono ngeni bio kwa ngeye Se

 

- Je m'en vais vers Mfumu Kimbangu

- Peu importe la destination qu'il va prendre

- Que ce soit dans le malheur ou dans le bonheur

- Moi, je m'engage seulement le suivre

- Tout mon être, mes bras comme mes jambes

- je les confie à Toi, mon père (Wamba)

 

Pendant que la foule en liesse reprenait en choeur et chantait "tout mon être, mes bras comme mes jambes, je les confie entièrement à Toi, Wamba", Mpadi retira la veste-uniforme de l'Armée du Salut qu'il portait et la mit de côté. Il en fit de même pour tout ce qu'il portait qui lui conférait l'appartenance au salutisme.

Pour une surprise, c'en était vraiment une ! Mais que voulez-vous, le train spirituel noir se remettait en marche après cinq siècles de stationnement...forcé.

Le major Henri Becquet supplia Mpadi afin qu'il revienne à la raison en lui promettant monts et merveilles (une belle maison à Londres, une belle femme blanche), mais c'était comme si Mpadi ne l'entendait qu'à peine. Il avait fermement pris son engagement de continuer l'oeuvre spirituelle de Mfumu Simon Kimbangu et ne pouvait en aucun cas revenir en arrière, ce serait de la PURE TRAHISON.

 

Les lecteurs qui ont lu les écrits de Mark R. Lipschutz et R. Kent Rasmussen sur Mpadi Simon-Pierre "Mpadi Simon-Pierre, Leader d'église indépendante" auront ainsi un complément approfondi de connaissances quant à cet homme dont ses compatriotes ignorent son importancee et sa portée spirituelle.

 

Mais, l'histoire ne s'enterre pas, elle finit par rejaillir toujours.

Mpadi était devenu donc l'homme à abattre, son mouvement éyant été qualifié de mouvement politico-spirituel dangereux. Dangereux vis-à-vis de qui ? Des Africains ? Non, pas du tout. Plutôt dangereux pour le colonisateur et surtout pour les trois églises européenenes réunies -catholique, protestante, salutiste- qui voyaient en Kimbangu et Mpadi des hommes-volcans capables de détruire, avec leur doctrine spirituelle ancestrale, tout ce qu'ils avaient apporté d'Europe pour l'évangélisation de l'Afrique. Dangereux pour eux les européens, car, avec leurs enseignements, Kimbangu et Mpadi suscitaient déjà un éveil spirituel pourquoi pas patriotique ou africaniste dans l'esprit du peuple noir. Et c'était cela qu'il fallait combattre. Tuer le vers dans l'oeuf pour une disparition totale.

La disparition de l'Eglise des Noirs en Afrique s'était inscrite comme l'une des priorités du colonisateur, de connivences avec les églises européennes. Toutes ces arrestations, tous ces emprisonnements, toutes ces tortures, toutes ces déportations qui jalonnent l'histoire spirituelle des Kimbanguistes-Mpadistes en font foi.

Tout ce qui a été programmé par la volonté divine, dans quelque religion que ce soit, ne meurt jamais et se réalise toujours.

             

Lucas

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