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CES ASSASSINS QUI NOUS GOUVERNENT

19 Juin 2014 , Rédigé par Lucas Publié dans #Société

Ce jour là, je venais de terminer mon service, et par chance, une voiture du service partait dans ma direction. Une voiture de la présidence de la République. Et au même moment que je franchissais le portail, la voiture venait par derrière moi, et quand elle arrivait à ma hauteur, un des occupants m’appela en me faisant signe de la main.

« Viens, fais vite ! » Je refermai la portière en entrant. « On va te déposer quelque part et tu vas te débrouiller après pour arriver chez toi ».

On sortait donc du quartier présidentiel, le quartier des riches de la mouvance, l’on traversait toute la ville comme un trait et l’on prit la route longeant le fleuve, passant par le quartier industriel. J’ai cru un moment qu’on devait arriver jusqu’au Pont, sous lequel passe le train, car, comme je suis de l’est de la ville, je pouvais même continuer ma route et atteindre chez moi à pieds.

Je posai la question aux autres. « Accompagne-nous, on voit quelqu’un et on te déposera plus loin, au niveau du pont en hateur pour piétons, et de là tu n’auras pas du mal pour arriver chez toi. La voiture ralentit. L’on bifurqua à gauche. Elle se mit à rouler à pas d’hommes pour éviter qu’on ne cogne un enfant. Tout-à coup, un jeune homme vint à notre rencontre levant sa main pour signaler sa présence, et la voiture s’arrêta net. Un des nôtres descendit et tendit l’oreille en suivant ce qu’on lui narrait avec maints gestes. Je remarquai le visage de l’autre se froissant au fil du récit. Il y avait un problème. Mais lequel ? Que pouvait-on lui raconter encore à ce moment-là qui changeât du coup son humeur.

Il revint vite à la voiture, ouvrit et entra comme le vent puis referma la portière avec fracas. « Roule vite, prends la deuxième à gauche et arrête-toi au premier bar à droite.

« C’est quoi chef ! Raconte-moi et je vais régler cela à ma manière. » C’est le chauffeur qui parle de la sorte, un militaire. « Cette garce, cette putain, je vais les tuer tous deux, lui et son don juan, ils ne savent pas qui je suis, moi ». Et il tapa du point sur la portière de la voiture, comme sa main pendait denors, en criant de rage : « Merde alors ».

On est arrivés. La voiture s’arrêta, les trois militaires bondirent dehors comme des fauves et firent irruption dans le bar. Dans le coin gauche au fond de la salle, attablé dans toute tranquillité, un couple se partageait un verre de grenadine. A la vue des hommes qui fonçaient vers eux et lisant la colère, la jalousie, la haine, la mort sur le visage de son homme, la femme se mit débout comme pour implorer son homme, et déjà, une gifle la faisait s’étaler sur le sol. Les deux autres tombaient sur le jeune amoureux et le menottaient tout en le ruant des coups. Sans poser des questions, puisque le petit espion avait tout expliqué. Ce n’était pas beau à voir.

D’autres client présents dans le bar abandonnèrent leurs boissons et songèrent à sauver leur peau.

De l’autre côté, la fille criait : « Laissez-le, il est innocent, ce n’est pas mon copain, c’est mon ancien collègue de classe, je vous en prie, laissez-le, laissez-le s’il vous plaît. » Elle était sérieusement battue, la fille, un filet de sang se dessinait sur les commissures des lèvres. A la fin, son mec lança : « Je vais en finir avec ton bien-aimé et je m’occuperai de toi plus tard. »

On défit les menottes et on lui noua les mains par derrière et les pieds avec une corde. Et enfin le jeune homme fut jeté comme une bête liée dans le coffre de la voiture.

La foule suivait la scène à distance, personne ne pouvait s’approcher ni intervenir. D’ailleurs, qui, dans cette foule des civils pouvait avoir le culot de lever sa voix ou son doigt et plaider pour la cause du malheureux couple. Les militaires de la présidence ne badinent pas, ils ont appris à faire mal à autrui et même à tuer. Tuer un homme pour eux, c’est comme on écraserait un cancrelat. Et la rumeur court de partout que certains d’entre eux sont castrés et sont doptés d’instincts bestiaux.

Des portières de la voiture se refermèrent et on refit le même chemin comme à l’arrivée. On traversa la ville, cete fois-ci de l’est vers l’ouest avec notre « butin » dans le coffre.

- « Ce sera difficile pour moi maintenant d’arriver à la maison si l’on doit encore refaire le même trajet vers le point de départ ».

- « On s’est convenu qu’on irait vous déposer, quelque soit l’heure où l’on va se séparer ».

La voiture fonçait à toute vitesse. A cette heure-là les rues de la ville sont vides. La population active est rentrée à la maison. Personne ne parlait dans la voiture. Mais l’on pouvait s’imaginer sur les visages des militaires qu’un coup se préparait. Et leur chef, un civil aussi comme moi, était de marbre sur le siège de devant, comme une statue. Quand on travaille avec les militaires, on agit comme un militaire. C’est comme si tous savaient par cœur ce qu’ils mijotaient. Ils savaient tous les trois le sort qu’ils réservaient au jeune homme.

Et je me mis à imaginer le scénario du problème : le chef, un civil, venait rendre une visite brusque à sa copine, à l’insu donc de celle-ci. La copine reçoit un jeune homme (un ancien collègue de l’école ? Un copain ?) et vont prendre un verre au bistrot d’à côté. Le chef a ses limiers dont un petit du quartier qui vint à notre rencontre à la vue de la voiture. Donc le chef utilisait souvent cette voiture pour aller voir sa copine.

Le jeune homme qui vient visiter la copine du chef, on ne sait qui il est exactement vis-à-vis de la fille, est accusé de faire la cour à cette dernière. Le limier les a répérés et vient à l’encontre du chef et lui expose les faits. L’a-t-il informé par téléphone ? Peut-être avait-il déjà mis le chef au frais, concernant les va-et-vient du soi-disant rival du chef. Alors le chef lui aurait dit peut-être : « La prochaine fois que tu les trouves ensemble, passe-moi un coup de fil. Surtout ne fasse rien qui puisse éveiller l’attenntion de la fille ». De tout ce calcul, il se dégage alors un verdict macabre : punir le jeune homme.Mais que mériterait-il comme punition ?

« Mon Dieu, qu’est-ce qu’ils vont faire de ce jeune homme aux bras et jambes liés dans le coffre ! Faites que rien ne se passe Grand Dieu ! Ces loups sont capables de tout ! »

L’on quittait la grande route et l’on prenait une autre de moindre importance mais asphaltée quand même, au bout delaquelle l’on s’engageait sur un sentier praticable débouchant jusqu’au fleuve. Ici, ce sont des maisons des riches aux murs de clôture élevés comme des forteresses. Ici, l’on peut crier au secours et personne ne sortira pour voir ce qui se passe. Ce qui se déroule dehors ne les concerne pas. C’est le silence total. On aurait même dit que toutes ces villas étaient inhabitées. Silence de cimetière, agrémenté par un sourd roucoulement d’un pigeon sauvage, juché sur une branche de palmier squelettique et saluant le coucher du soleil.

Le sentier descendait très bas, et puis se faufilait tout au long de la rive du fleuve. Personne en vue. Juste un piroguier au lointain sur le fleuve dont les mouvements qu’on perçoit de sa silhouette nous font dire qu’il s’agit d’un pêcheur solitaire.

Plus de doute. La sentence est connue. Ils vont le noyer. J’allais être témoin d’un meurtre commis par une bande d’assassins dont je ne suis pas membre. Mais, juridiquement parlant j‘en faisais un à part entière.

La voiture s’arrêta net. Nous en descendions tous. Je fermai les yeux et faisais une petite prière instantannée. L’eau est toute noire à cet endroit et il se formait à certains moments à la surface, une sorte d’entonnoir dont le creux apparaissait et disparaissait à la seconde. C’est signe de l’existence d’un puissant tourbillon à cet endroit entraînant jusqu’au fond des eaux tout ce qu’il peut capter dans son mouvement de vis sans fin.

L’on sortit le jeune homme qui enfin réalisa ce qui l’attendait. Il fondit en larmes et implora le pardon répétant qu’il n’y avait rien de sentimental entre lui et la fille. Mais quel résultat peut-on attendre de ces brutaux quand l’on sait que les miaulements des brebis n’attristent pas les fauves, mais qu’au contraire, attisent leurs appétits. Ils sont comme un bourreau qui n’aimerait pas recevoir l’ordre d’annuler une exécution à la guillotine ; ce qui leur ôterait ce moment exquis de voir la fine lame trancher le coup, comme un couteau passant dans du beurre, faisant gicler un trait de sang chaud.

L’on prit un chiffon et on le lui fourra dans la gueule. Peut-être auraient-ils mieux fait de lui bander les yeux. Mais, ils l’on fait exprès pour faire voir à la victime ce qu’il méritait.

- C’est pour la dernière fois que tu as vu ta copine. Précède-la au paradis et elle t’y rejoindra dans un court délai. Vous aurez tout le temps de faire l’amour tranquillement. Je te le promets. Je n’aime pas qu’on foule aux pieds mes plates-bandes. Elle en paiera elle aussi pour t’avoir ouvert l’enclos !

C’est ainsi que parla le chef, un peu comme s’il voulait crêver l’abcès de colère se trouvant en travers de sa gorge. Comme un détail manquant au décor, une pierre plate lui fut enfin attachée sur le ventre pour la plongée.

Un ! Deux et trois ! Plouuuffff ! Le tourbillon entraîna le jeune dans l’abîme noir aquatique !

Et c’était décidé, et c’était fait ! Et c’était la fin du voyage du jeune homme sur cette terre des pécheurs ! Une fin de voyage non pas décidée par le Créateur des hommes, mais par des hommes diaboliques qui se croient immortels.

D’où sortait-il ce jeune garçon dont on venait de mettre fin à sa vie de manière si sommaire et arbitraire ? Quand je pense que sa famille a beau cherché et a beau se demander où il était passé. Quand je pense que sa famille a remarqué la disparition de l’enfant et a lancé un avis de recherche dans les médias ! Quand je pense que sa famille, lassée des recherches vaines entreprises, a fini par organiser un deuil en mémoire du disparu !

Quand je pense qu’ils nourrissaient au fil du temps un brin d’espoir de le voir revenir un jour au bercail ! Ou de pouvoir retrouver son corps inerte quelque part ! Hélas ! Il ne reviendra plus malheureusement et on ne retrouvera jamais son corps. Il faudra aller demander aux poissons du fleuve qui en ont fait un grand festin, mais encore faudra-t-il que l’on vous dise qu’il a pris le chemin des eaux !

Moi, je savais où il était passé et connaissais même ses assassins. J’étais témoin de l’événement et ces bandits, du service de la présidence de la république, pouvaient aussi bien m’abattre et me balancer dans les eaux profondes du fleuve. J’étais plus un témoin gênant qu’un collègue de service à bien voir les choses de près. Il aurait suffit que l’un deux le soufflât aux autres pour que je fusse abattu sur le champ. Plût au Ciel que cette idée n’émergea pas dans leur sale tête.

Je leur dis de me déposer au rond-point central d’où facilement je pouvais attraper un bus menant vers chez moi. Je voulais me séparer d’eux, le plus rapidement possible, car je me sentais dans la peau d’un meurtrier aussi longtemps que j’étais à côté d’eux et j’avais l’impression que j’étais ciblé comme prochaine victime. Rien ne pouvait les empêcher de m’étrangler dans la voiture et me balancer par-dessus bord.

J’ignore le sort qui a été réservé à la jeune fille. Comme le révèle les propos du chef avant de balancer le jeune homme dans l’eau, c’est sûr qu’on lui a fait subir le même sort, à moins qu’elle ait eu cette idée de fuir le quartier et disparaître, loin de ses bourreaux.

Dans un film, on étendrait l’histoire en faisant voir la femme passer un coup de fil anonyme à la famille du disparu avec maints détails. Celle-ci, ayant un fils policier en son sein, entamerait dans le silence, une action de recherche et de vengeance sans pitié.

Mais on n’est pas dans un film, ce n’est pas une fiction. C’est la réalité ! Aussi claire qu’à travers une bouteille.

Aujourd’hui que je vous parle, ce chef est député. Il est donc parmi ceux qui doivent voter les lois de la république et ceux qui sont censés être les porte-paroles, les défenseurs du peuple qui siègent à l’assemblée nationale. Si dans cette assemblée il se dénombre des députés aux mains et à la conscience imbibées de sang, j’en connais un contre qui l’âme du jeune homme porte plainte et plaide justice céleste.

Chaque fois que je le vois dans cette arène en train de taper du point sur le siège, je le revois donnant les ordres aux militaires afin de balancer le jeune homme dans la tombe aquatique. Ces diables, ces fous, ces démons qui nous gouvernent et qui nous mènent à la traîne, qui nous mènent la corde au coup comme des ânes ! Que pouvons-nous attendre de ces décideurs du peuple qui savent tuer ? Rien ! Rien de bon ! Sinon l’enfer, la misère !

« Je demande pardon mon Dieu. Je n’ai même pas eu le courage de prononcer un seul mot pour essayer de sauver ce jeune homme. Mon silence est un élément d’implication dans le meurtre commis. Peut-être que cela aurait tourné contre moi si je le faisais. De toutes les façons, Mon Dieu, vous êtes le seul Maître des circonstances. J’ose croire sincèrement que mon attitude a été inspirée par vous, Seigneur, pour me préserver du mal. Pourquoi m’étais-je embarqué dans cette voiture maudite, moi qui voulais rentrer tranquillement chez moi et retrouver ma pauvre famille. Pitié, Seigneur, pitié, je suis ton fils, ne m’abandonne pas. C’est pourquoi, j’ouvre mon cœur et me confie à mon ami afin de me débarrasser de ce lourd fardeau, cause d’insomnies et de cauchemars interminables! »

Mais l’homme est tellement bête qu’il ne réfléchit pas devant certains sentiments qui l’animent. Pourquoi tuer autrui quand l’on sait que tout le monde finit de la même façon. Pourquoi tuer pour de l’argent, pourquoi tuer pour le fauteuil présidentiel, pourquoi tuer car aveuglé par le sexe, alors que la mort vient nous prendre pour un voyage sans bagages : pas de carte bancaire, pas de chéquiers, pas de femme, pas de villa... la mort prend tout en charge.

On vient sur terre les mains vides et on la quitte de la même manière qu’on est venu !!

Oui, il faut être un idiot pour ne pas le savoir !

Raconté par un ami voulant se confesser et qui m’a autorisé d’écrire !

Lucas

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