L'EGLISE DE MES ANCETRES
Quand Diego-Cao, l'explorateur portugais, découvrit l'embouchure du grand et majestueux fleuve Congo, le nzadi, en dialecte kongo signifiant fleuve, il remarqua, entre autres choses, que les populations autochtones ne se comportaient pas comme des bêtes mais que c'étaient des gens qui avaient quand même un sens profond d'organisation dans l'existene d'une autorité au pouvoir central et qui, par ses ministres, devait communiquer avec le reste des gouvernés.
Du côté spirituel, il observa avec une grande curiosité que ce peuple, trouvé là en pleine brousse, s'assemblait et vouait aux heures programmées, un culte d'adoration à un être qu'ils devraient croire ^tre supérieur à eux.
Il ne s'était pas trompé, car cet être supérieur n'est pas un fétiche, une statue, ni même un serpent comme on le croirait, mais, cet être supérieur, suprême, invisible mais réellement existant, c'est le NZAMBI A MPUNGU TULENDO, le DIEU TOUT-PUISSANT.
Diego Cao fera un rapport à sa hiérarchie sur ce qu'il put reccueillir durant ce premier voyage et fera une mention particulière sur le chapître spirituel. Dans son rapport au roi de Belgique, Diego Cao raconta : "Ces gens ne sont pas des idiots, et que nous devons être très prudents quant à notre manière de nous intégrer dans leur société. Comme nous européens, ces gens prient et ont un êre supérieur à qui ils vouent leurs cultes d'adoration.
Lors du second voyage, le terrain était bien balisé pour que les premiers missionnaires foulent le sol congolais et commencent à s'approcher de plus en plus des populations dans leurs campagnes d'évangélisation, et ce, avec la bible et cadeaux à l'appui (sel, savon, couverture, habits, vin). L'ordre du roi aux missionnaires et autres officiels était strict : "Vous y allez, dans cette contrée, en privilégiant les intérêts de la Belgique".
Et l'on se souviendra que plus tard nos cultes religieux ancestraux furent taxés d'occultisme et furent réprimés sévèrement. Ce que les prmiers missionaires appelèrent fétiches, objets de sorcellerie, fut brûlé purement et simplement. Toutes les populations furent contraintes à accepter le christianisme.
Les catholiques arrivèrent, puis les protestants et enfin de compte les salutistes. Tous ces trois mouvements religieux devaient travailler et collaborer avec l'autorité coloniale, en charge de l'administration et de la force publique.
L'histoire nous dira que certains dignes fils et filles du royaume Kongo, en l'occurence, Maman Nsimba Vita Ishipa, qui érigea une cité sainte abritant hommes, femmes et enfants dits de Wamba Wa Mpungu Tulendo, menèrent une lutte âpre et vaillante contre cet enracinement forcé du christianisme. Le sang ne manqua pas de couler à flots.
Mais ce qu'il faut retenir comme fait prophétique le plus important de toute l'histoire de la religion congolaise, partant africaine, puisque c'est de Mbanza-Kongo que partirent les treize tribus qui se déployèrent vers le sud et le nord de l'Afrique, c'est le cri que poussa Ndona Nsimba Vita Ishipa sur l'échaffaut dressé par le père italien Bernardo pendant qu'elle brûlait vive avec son enfant au dos. Elle avait crié haut et fort avant que les flammes ne la consumment : "Je suis partie, emportée par les flammes du diable venu de l'europe, mais la parole, ni le plan de Wamba Mpungu Tulendo ne brûleront ni ne mourront jamais. Mais, sachez que cet enfant qui meurt sur mon dos va vous revenir un jour sous le nom de Kimbangu Kembu dia Nzenza va Kintete."
Courageuse, elle pria, bénit l'assemblée qui assistait, impuissante, à sa mort atroce et sa voix fut comme emportée aussi par les flammes.
Deux cents ans plus tard, à compter de la mort de Ndona Nsimba Vita Ishipa, le 02 juillet 1706, Kimbangu vint, et la prophétie de Ndona Nsimba Béatrice, la Jeanne-d'Arc d' Afrique, se réalisa. On était en 1889.
LUCAS
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LA NATURE PARLE
Le temps qui fuit
Le soleil qui luit
La femme qui vagit
L’ouest qui rougit
Le lion qui rugit
Le lapin qui glapit
L’herbe qui frémit
L’arbre qui gémit
L’éléphant qui barrit
La marre qui tarit
L’oiseau qui roucoule
L’onde qui coule
Le mont qui s’écroule
La mer qui gronde
L’averse qui tombe
Le vent qui souffle
Le moineau qui siffle
Le feu qui crépite
Le cœur qui palpite
L’herbe qui pousse
La chèvre qui tousse…
Avez-vous senti la divine présence
A travers tous ces signes naturels
Où notre esprit s’embarque avec aisance
Et se hisse sur le surnaturel.
Pourquoi cherchons-nous à voir d’autres miracles,
Pour palper la sainte et divine puissance
Qui loge dans notre âme depuis notre naissance
Car ces signes ne sont nullement des mirages,
Pourquoi cette intelligence sans sagesse
Pourquoi cette descente vers la bassesse
Qui font que les hommes deviennent des bêtes
Et ne pensent plus qu’avec leur corps que leur tête
LUCAS
MON FRERE GERODI
C’était, de mon anniversaire, le jour
Et tu m’as lancé ce mot, avec amour :
« Une année vient de s’ajouter à notre age
Est-ce pour dire que nous prenions un autre virage
Dans cet océan qu’est la vie où de fois il y a mirage
Notre vœu est que nous allions vers de beaux rivages
Pour qu’à la fin de notre voyage et pèlerinage
Nous recevions la couronne réservée au sage. »
Ces mots résonneront toujours dans mon esprit
Jusqu’à ce que, mon moi, par la nature, sera repris.
Lucas
MIRACLE DE DIEU-VIVANT
Vous voulez des miracles ? Eh bien, en voici un qui peut nous démontrer à suffisance que Dieu ne nous abandonne pas et nous assiste toujours dans les ciconstances, si difficiles soient-elles, dans lesquelles nous pataugeons. Même si l'entourage vous abandonne à votre triste sort, ne paniquez jamais, concentrez-vous et dites-vous que vous n'êtes pas seul ; il y a toujours une présence invisible à vos côtés et qui est prête à vous tendre la main.
Le pasteur s'appelle Jean. Et l'histoire se passe au moment où l'Afdl, l'alliance des forces de libération, occupe le Congo démocratique. En ces moments tendus où tout le monde évite de voyager en faisant de longs trajets à travers le pays, dans la crainte de tomber dans une ambuscade des élements incontrôlés en cours de route, le pasteur, lui, prend son bâton de pélerin et décide d'aller paître des brebis, loin, dans la province du Bas-Congo, à plus ou moins cinq cents kilomètres de la capitale, Kinshasa.
Le pasteur arrive au parking d'embarquement sur son vélo, puisqu'il est un handicapé et ne sait faire usage de ses jambes. Il y était arrivé accompagné, mais devait faire sa route en solitaire. On l'a aidé à embarrquer dans un gros bus en partance pour le Bas-Congo.
Mais dans le bus, un quidam s'approcha du pasteur, le regarda droit dans les yeux et s'adressa à lui en ces termes :
- mais comment, toi, avec cet l'état dans lequel tu te trouves, tu ne peux pas rester chez toi et veut te balader partout, soi- disant aller évangéliser des brebis perdues, tu ne vois pas que le pays n'est pas calme ? Et si ça bardait maintenant, comment vas-tu te sauver ? Vraiment j'ai pitié de toi, mon ami..;
Et le pasteur le regarda jaser et ne rétorqua le moindre mot.
Mais, l'emmerdeur en question n'était pas au bout de son rouleau et continua à agacer le pasteur, si bien qu'au bout de quelque temps, d'autres gens s'alignèrent derrière lui et formèrent un bloc pour importuner le pasteur.
Mais celui-ci, inerte comme un roc, les regarda faire et ne pipa un seul mot en réponse à ces moqueries.
Mais, ce grand bavard ne pensa même pas une seule fois à se taire et lança :
- on va voir à la fin du voyage quand le bus va nous déposer au terminal. Il y a un sentier à prendre à pied et l'on verra
comment tu vas t'y prendre.
Et à ces propos, une voix s'éleva au loin :
- Moi ! Je suis prêt à l'aider, après tout c'est un homme de Dieu et c'est mon frère.
- Tu vas aider un charlatan, laisse-le souffrir.
Et le bus continua calmement son bonhomme de chemin. Le pasteur eut l'impression qu'ill voguait sur un océan en furie, en proie à de géantes vagues, hautes comme de gratte-ciels ou s'imaginait une bataille rangée d'un contre cent.
"Que Dieu leur pardonne leurs dires, car ils ne savent pas ce qu'ils font", se dit le pasteur dans son for intérieur.
Ouf ! C'est le terminal. Tout le monde descend.
Et le receveur aida l'homme de Dieu à descendre et le mit sur son vélo.
Tout le monde, voyant que le soleil s'imbibait de sang à l'ouest, se précipita sur le sentier qui mène vers la vallée où coule une rivière qu'il faut traverser à pied, et laissa le pasteur cheminer tout seul. Personne ne songea même pas à lui pour lui prêter main forte.
Lentement, comme une petite tortue, le vélo dévala la pente, au point de tomber à la renverse à certains endroits, jusqu'aux bords de la rivière.
Il faut traverser la rivière à pied, où l'eau vous arrive jusqu'aux seins et après quoi, il faut continuer sur le sentier qui se dessine sur l'autre versant en pente aussi, comme un serpent.
Il regarda sa montre. Dix huit heures sonnaient. Et il chassa toute inquiétude et se fondit en prières.
Alors seulement, une clameur, qui domina tous les bruits de la nature, se leva au bout de la montagne où se dressait le village et où un fou furieux, enchaîné, venait de se defaire de ses chaînes et fit paniquer tout le village. Tout le monde avait la trouille, car ce fou-là bat à mort toute personne qui se trouve sur son chemin. C'était la débandade et certains villageois s'enfermaient dans leurs maisons tandisque d'autres se sauvaient, les talons à la nuque, vers des destinations inconnues.
Curieusement, le fou prit la route qui mène vers la rivière et tous ces passagers, habitant le village, qui avaient voyagé à bord du même bus que le pasteur eurent le coeur haut. Et le pasteur ? S'interrogèrent-ils ? Que va-t-il devenir ? Ce fou va le mettre en morceaux.
Et le fou dévala la pente jusqu'à la rivière où il trouva le pasteur. Le pasteur dit sa dernière prière, sentant la mort venir, et remit le déroulement de toutes les circonstances qui devaient s'ensuivre à la seule volonté de Dieu. Le fou traversa la rivière et s'amena jusqu'au vélo autour duquel il fit plus ou moins trois rotations, soufflant comme un fauve, dégageant des senteurs corporelles insupportables. Le pasteur se dit que le forcéné cherchait comment le sortir du vélo ou comment le soulever avec le vélo et le jeter dans l'eau profonde. Enfin, il saisit soigneusement le pasteur, glissa une main sous les jambes sèches du pasteur et une autre sous le dos et l'emporta comme un bébé malade jusqu'à l'autre rive.
Après quoi, il revint sur la rive de départ, se saisit du vélo, traversa la rivière, galopa la petite montagne et le déposa à un endroit où il s'imagina que le pasteur pouvait se remettre à rouler.
Il redescendit rapidement vers la rivière, prit le pasteur de la même manière qu'à la traversée et alla le déposer sur son vélo. Le pasteur le remercia, ajusta son guidon, donna de la vitesse et atteignit le village sous le grand étonnement et applaudissements bien nourris de tous les villageois. Le fou était derriè lui, tout calme.
Le pasteur fit préparer un grand feu de camp autour duquel il nourrit le village de la parole de Dieu. Le fou vint s'agnouiller devant lui. Le pasteur lui imposa la main sur la tête et fut guéri.
Suite à ce miracle étonnant, tout le village se convertit et aida le pasteur à atteindre d'autes contrées en le transportant par tshipoy, une sorte de tribune en bois surmontée d'une chaise du chef, que transportent, sur leurs épaules, quatre ou plusieurs personnes.
Et ce fou-là, qui était-il ? C'était le frère du moqueur.
Il fondit en larmes et demanda pardon au pasteur, disant : "veuillez m'excuser pasteur, je vous en prie, vous êtes vraiment un homme de Dieu".
- Demande pardon plutôt à Dieu et non pas à moi.
Ne faites jamains du mal à qui que ce soit, car ce monde est tellement petit... qu'on finit par se croiser.
Lucas
FAUT-IL QUE JE TE DISE
L'amour, il faut l'entretenir. Non seulement par l'argent comme s'imagineraient certaines personnes. Une petite phrase bien dosée, un petit mot bien roulé peut faire mouche et faire changer d'avis une femme. Et on récolte. Abondamment.
FAUT-IL QUE JE TE DISE
Faut-il que je te dise cela ? Que je t’aime ?
Sais-tu que ne peut récolter que celui qui sème ?
Je viens moissonner dans ton cœur
Où j’ai planté avec tant d’ardeur
Cet amour qui comme un champ de blé
Brille aujourd’hui comme l’or au soleil d’été,
Mouvant au vent en multiples vagues
Vaste océan de verdure dorée sans rives.
Où les oiseaux du ciel, comme de petites barques,
S’exaltent et se laissent emporter à la dérive
Ton cœur est semblable à ce champ de vigne
Qui s’étend à jamais sur l’horizon rectiligne
Ensemble, attendons venir l’heure de la vendange
Où nous dégusterons le pétillant et doux breuvage
Lucas
MON PEUPLE DANS LA MORT ENDORMI
Les uns avancent un chiffre avoisinant cinq millions. D'autres quatre. Dans tous les cas, quoi qu'on en discute sur le nombre, la guerre a ravagé, de la manière la plus violente, l'est de la république démocratique du Congo en faisant des milliers et des milliers de morts. A-t-on pensé à l'extermination de tout un peuple pour l'installation d'un autre ou s'est-on battu tout simplement pour assouvir sa soif du butin ? Ce qu'on sait, c'est qu'en 1997, un certain mois d'avril, l'est de la république a tremblé, vibré aux coups d'obus. De là, lLes massacres s'égrennent du bout des doigts comme un chapelet dont chaque grain porte un nom...Makobola, Kanabayonga...et encore et encore.
Certains grands chefs de guerre ont même crié haut et fort qu'ils étaeint prêts à traverser le pays de l'est à l'ouest pour débusquer le dernier hutu.
Et l'ONU n'est pas en reste dans le suvi de ce dossier en publiant son rapport sur les atocités commises en afrique des grands lacs.
Encore un extrait de "Lit de Poésie".
Je les ai vus, endormis dans la mort
Leurs corps en putréfaction, bouffés par les porcs
Est-ce cela que la Nature leur a réservé comme sort…
Mes larmes couleront à flots, toujours, encor et encor..
Celui-ci, criblé de balles, pour toujours, s’endort
Celui-là, sur le lit d’hôpital, difficilement s’en sort
Ceux-là, décapités sont dirigés vert le quai du port,
D’où un engin les embarquera pour la fosse de la mort
A l’est, au sud, à l’ouest tout comme au nord
Il a été répandu à fusion le sang de nos frères pour l’or
Pour le pétrole, objets des convoitises de tout bord
Et, le ciel un jour, en jugera les auteurs, en dernier ressort
Comme un seul homme, vous avez dit : « la paix d’abord !
Nous avons assez tué, nous avons assez brûlé des corps :
Nous avons pendu, enterré vivant, nous avons fait du tort,
Enterrons la hache de la guerre et cessons d’être retors. »
Sur le sol, rendu fertile par le sang rouge et or et de nos morts
Construisons un Congo nouveau, un Congo beau et fort,
Et pour son envol définitif, ne ménageons aucun effort.
Unis, soudés, nous aurons ainsi honoré nos morts.
Lucas
Lucas
MAMAN, JAMAIS JE N'OUBLIERAI
Maman, ton amour pour moi subsistera à jamais. Femme de pires tortures, de durs sacriffices, je n'oublierai jamais tout ce que tu as fait de moi, je t'aimerai toujours et toujours !
iL est de Camara Laye, ce poème qu'on a tant chanté dès notre ecole primaire et qui exalte les bienfaits dont nos mères nous entourent dès notre tendre enfance. C'est : Femme Noire, Femme Africaine, O Toi ma Mère, Je Pense à Toi".
Aujourd'hui, c'est à cette même maman qui nous a gardés plus ou moins neuf mois dans son ventre -il y en a des enfants qui y ont séjourné sept mois durant et d'autres encore douze- que nous voulons témoigner de notre reconnaissance pour tous les sacrifices qu'elle a endurés afin que nous soyons ce que nous sommes aujourd'hui.
Voilà quoi, un autre chant tiré de "Lit de Poésie"
Jamais ! Jamais ! Maman ! Je n’oublierai
Tout ce que tu as fait pour moi
Toutes ces souffrances, toutes ces insomnies
Que tu as endurées pour moi
Sans toi, maman, je n’existerais point
Sans toi, je n’aurais rien valu
Oh maman ! du plus profond de mon cœur
Je te remercie
Je m’en irai crier ton nom
Sur tous les toits
Sur tous les sommets des arbres
Sur toutes les crêtes des montagnes
Jusqu’aux lointains horizons
Jusqu’à la lisière des planètes perdues
Et j’érigerai, si possible,
Un monument en ton nom
Un monument en or
Dont le socle se dresserait sur l’océan bleu
Et dont la tête se perdrait dans le ciel azuré.
Et le temps, qui avale tout
Comme la terre transforme tout en terre
Comme la terre qui transforme les os en terre
Et le temps, qui entame tout
Comme cette goutte d’eau qui perce la pierre
Et le temps, le temps qui ronge tout
Arrivera à bout
A bout de tout
De plaines et des monts,
Des choses et des êtres
Mais alors, ton amour pour moi,
Cet amour que je porte en toi
Cet amour par lequel tu m’as nourri de ton sein
Cet amour par lequel tu as guidé mon premier pas
Cet amour par lequel tu me mettais au chaud
Cet amour par lequel tu me nouais sur ton dos
Cet amour par lequel tu me portais en bandoulière
Cet amour par lequel tu m’imbibais d’huile de palme
Pendant que de fièvre je tremblotais
Cet amour par lequel tu collais ta face à la mienne
avec ton sourire faisant éclater la blancheur de tes dents
Cet amour par lequel tu portes la cicatrice du trou
Césarien à ton ventre par lequel le toubib m’a tiré
Cet amour qui n’a aucun prix au monde
Oh ! ma chère maman !
Cet amour-là, subsistera à jamais !
Subsistera pour toujours !
Oui ! Pour toujours.
Lucas
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RDC : ELECTIONS
L'Afrique, changera ou changera pas ? That's the question.
Pendant que tous les pays du monde se bousculent à l'entrée du tunnel, passage obligé, donnant accès aux sciences du développement pour une amélioration des conditions de vie de leurs populations respectives, les pays africains, par le biais de leurs hommes politiques enracinés dans les pratiques obscures ou calamiteuses de la gestion de la chose publique, semblent s'être emmêlés les jambes, titubent, et se laissent distancer, et n'ont nullement aucun scrupule à se faire passer pour des parents pauvres vivant de la quémande.
Il faut des hommes nouveaux, des hommes cartésiens acquis à la cause du changement, capables de percer le mur de la honte (la pauvreté multidimentionnelle qui asphixie l'Afrique) et prêts à faire avancer l'Afrique et arriver à la hisser, à la placer sur une orbite supérieure.
Il faut des hommes nouveaux, mais comment ? Allons aux élections tout simplement en nous débarrassant de tout ce qui a trait au fanatisme, au tribalisme, au clientélisme, à la corruprion, à la tricherie. Choisissons des hommes qui vont faire gagner l'Afrique sur le marché des compétitions économiques et de développement mondiales, comme si nous choisissions nos sportifs qui vont sur différentes aires des jeux pour défendre les couleurs et la gloire de l'Afrique.
Et le chant ci-après, intitulé "CONGOLAIS, ALLONS AUX ELECTIONS" est une façon de voir, de penser, d'un africain congolais, pour que les pays africains sortent, un jour, de leur carcan de la honte et de la médiocrité politicienne.
ALLONS AUX ELECTIONS
Qui remettraient ce Congo en équilibre ?
Voulez-vous gagner la confiance du peuple
Que vous avez toujours pris pour aveugle
Que vous avez clochardisé à dessein
Que vous avez détourné de son destin
Que vous avez affamé sciemment
Appauvri par votre esprit d’égoïsme
Et répandu son sang gratuitement
Oubliant tout ce qu’il a d’héroïsme ?
Voulez-vous gagner nos voix aux suffrages ?
Nous voulons du travail, du pain, du cirque
Et donnez-nous du courant électrique
D’une façon continue, sans délestage.
Pensez au peuple qui n’est pas ingrat
Qui vit à l’époque des lampes à pétrole
Ce qui aux yeux du monde semble drôle
Quand on pense au grand barrage d’Inga.
Donnez-nous un salaire SMIG raisonnable
Et ne l’entachez point d’impôts pondérables
Qui deviennent alors un réel malheur
Et lui retirent tout son sens de bonheur.
Voulez-vous gagner nos voix aux élections ?
Elles sont notre arme de prédilection
Elles valent plus que tous vos missiles
Elles sont la clef à des moments difficiles
Elles iront vers ceux qui le méritent
Tel les oiseaux vers l’if qui les abritent
Elles sont bien notre arme de confiance
Et précieusement nous la garderons
Pour ne dégainer que quand les clairons
Auront sonné l’heure de la vengeance.
Le peuple, par le seul chemin des urnes
Marquera sa vengeance, et une à une,
Ses voix se convergeront sur son choix
Sur celui qui deviendra son vrai roi.
Voulez-vous donc gagner aux élections ?
Au-devant de vos propres ambitions,
Pensez au peuple qui se tord de faim
Qui croupit dans une noire misère
Qui sous le joug de la pauvreté étouffe
Incapable de s’acheter du pain
Bien que vivant sur un sol aurifère ;
Bien qu’au Congo, du bonheur, le vent souffle.
Ce peuple a une mémoire d’éléphant
Qui se souvient toujours, comme un enfant,
Dix ans après, de son porte-malheur
De qui il garde un esprit vengeur.
Vous voulez gagner nos voix aux suffrages ?
Conduisez-nous vers des verts pâturages
Où nos familles vivraient dans la paix
Et où coulerait à jamais du lait.
Lucas
MA DEESSE, MA PRINCESSE
L'amour, oh l'amour, quand ça vous enveloppe comme une étoffe, on ne voit plus rien de tout ce qui est alentour. On est un peu déboussolé, et dans la tête, c'est comme si un doigt invisible a appuyé sur un bouton : "FONCE, VAS-Y, QU'ATTENDS-TU"
Alors, les cieux peuvent dégringoler, la terre peut s'écrouler, les tonnerres peuvent gronder, on ne voit plus qu'elle, la bien-aimée.
Encore un extrait de "Lit de Poésie", laissez-vous emporter...
De mes rêves tu es la Princesse
Tu es pareille à cette claire-fontaine
Enfouie au fond d’une vallée lointaine
D’où coulent le bonheur, le miel, sans cesse.
Le sais-tu Princesse? Le sauras-tu jamais un jour
Qu’au milieu de ce petit monde qui autour de toi se presse,
Gravite, se bousculant à ta porte pour être nourri d’amour
Il y a un cœur brisé, qui veut qu’au tien se greffe.
Il y a un cœur qui, dans la mêlée, lassé d’attendre, crie.
Allonge ton long coup de Déesse, Amour, je t’en prie
Oh Princesse, Oh Beauté, et, regarde dans le lointain
Pour voir s’il n’y a pas un malheureux qui se tord de faim.
C’est moi, ce malheureux : nourris-moi de ton miel
C’est tout ce que, Princesse, prenant à témoin le Ciel
Je peux te souffler à l’oreille comme demande
Tel le ferait tout malheureux, d’amour en manque.
Lucas
LA REVOLTE D'UN ENFANT AFRICAIN ENROLE
L'afrique centrale est en feu. Des groupes armés s'y déploient en maîtres absolus, semant la désolation parmi les innocentes populations, qui ont à tout moment, l'oreille ou l'oeil sur le qui-vive. On n'a pas le temps de fermer l'oeil quand on se couche, car on ne sait jamais quand ça va vous tomber dessus.
Et dans les groupes armés rebelles et dans les armées régulières, on songe à la relève. Il faut recruter, sinon... Mais qui recruter ? On a subi de nombreuses pertes dans les affrontements. Les troupes demandent à être requinquées. Mais où trouver des effectifs nouveaux, frais ? Le feu ne s'étend que là où il y a de la paillasse sèche. Et la paillasse sèche, c'est les enfants. On se rue sur eux, on les encercle pendant qu'ils sont dans les salles de classes, on attaque et met à feu et à sang des villages entiers, on massacre les adultes inutiles et on emporte, garçons et fillettes vers des destinations inconnues, vers des camps de formation militaire secrets. On les emporte, comme l'aigle emporterait des poussins, se servant de ces serres. Plus de lien ombilical parents-enfants. A partir de ce moment-là, ils appartiennent à d'autres parents, Des parents-démons, qui ne leur veulent pas du bien, qui s'en foutent éperdument de leur épanouissement, de leur éducation saine. Des parents au coeur de vipère, qui vont les massacrer moralement en leur faisant fumer et boire des substances droguées, afin de bien jouer la mission, le rôle pour lesquels ils ont été kidnappés. Oh pauvres enfants ! C'est comme si la nature leur traçait un autre destin. Oui ! Ils apprendront ce qu'ils n'auraient pas du prévoir un seul instant dans leur vie : ils apprendont à fumer, à boire, à se droguer, à tuer, à faire mal, à torturer, à violer. L'enfant devient une bête.
Et l'un d'eux, que j'ai rencontré à Kinshasa, Capitale de la République Démocratique du Congo, qui a fait la route à pieds de Kivu à Kinshasa, qui confirme avoir perdu ses parents, ses frères et soeurs et qui a repris le chemin de l'école grâce aux personnes animées de bonne volonté, a poussé un cri de révolte, que je vous fais entendre dans J'EN AI MARRE D'ETRE UN ENFANT SOLDAT, un extrait de "Lit de Poésie", dont vous dégusterez les recettes une à une.
J’EN AI MARRE D’ETRE ENFANT SOLDAT
J’en ai assez d’être un vilain milicien
Et faire crépiter toujours ma mitraillette
Je voudrais dès ce jour devenir musicien
Et commencer à souffler sur une clarinette
Pour les intérêts des rapaces, j’ai tué
Ignorant que je portais un préjudice à ma vie
Et maintenant, par la société, je suis vomi, hué.
De tuer, violer, croyez-moi, je n’ai plus envie
J’ai effectué des punitives incursions
J’ai été formé, drogué, pour tuer mes frères
Maintenant, je connais une difficile sociale réinsertion
Croyez-moi, Je n’ai plus envie de revivre cette guerre.
Aujourd’hui, mon cœur est tout en larmes
Et je me décide a jamis de rendre cette arme
Par laquelle j’ai fracassé, sans pitié, de mes frères la tête
Comme je l’aurais fait cruellement sur une bête.
Eux ont déposé de grosses sommes dans les banques
Pendant que j’étais rangé en première ligne de front
J’ai passé mon temps à tuer et en ce jour tout me manque
Et je n’arrive plus à supporter cet humiliant affront.
Leurs discours flatteurs éxhaltaient la démocratie
Dans cette immense jungle où règne la loi du talion
Dans cette brousse où chacun veut devenir lion
Et aujourd’hui on ne récolte que de la médiocratie
Recceuilli par Lucas










